Le conflit postérieur de cheville

 

Causes et mécanisme

le conflit postérieur de cheville correspond à l’écrasement des tissus et des os de l’arrière de l’articulation de la cheville lors de la flexion du pied. Les tissus sont alors pris en tenaille par le tibia d’un coté et le calcanéuml’os du talon de l’autre. le conflit postérieur de cheville est aussi appelé syndrome du carrefour postérieur ou encore syndrome du casse-noisette.


Il peut être causé par un traumatisme violent unique ou par des microtraumatismes à répétition.

  • Dans le 1er cas de figure, le conflit fait suite à un traumatisme comme une entorse de cheville. La cicatrisation ne se fait pas normalement : la cicatrice du ligament peut être trop grosse et bombée dans l’articulation et/ou une partie de la capsule articulaire reste inflammatoire et douloureuse. Dans d’autres cas c’est un fragment d’os ou une excroissance osseuse qui encombre le carrefour postérieur et pose problème.

  • Un autre contexte peut créer un conflit postérieur de cheville ; les microtraumatismes répétés comme la danse avec montées répétées sur la pointe des pieds, le football avec shoots fréquents, le travail avec répétition d’appuis sur une pédale avec la pointe de pied, etc.

 

 

Symptômes

Il se traduit par des craquements et surtout des douleurs en flexion plantaire du pied. Les douleurs sont parfois bien localisées à l’arrière de la cheville mais le plus souvent il s’agit de douleurs trop profondes pour être précisément situées.

Les douleurs surviennent pendant la pratique sportive, la danse, la conduite automobile ou même la simple descente des escaliers. Le plus souvent, elles surviennent immédiatement, en plein mouvement de flexion plantaire. Plus rarement, elles apparaissent de manière retardées.

Divers examens d’imageries peuvent être utilisés, seuls ou en association, pour confirmer le diagnostic de conflit postérieur:

  • Radiographies standards
  • Imagerie par résonance magnétique (IRM)
  • Scanner simple et/ou arthroscanner
  • Scintigraphie osseuse
  • En cas de doute diagnostique, une infiltration « test » de corticoïdes du carrefour postérieur peut être réalisée. Le soulagement des symptômes douloureux est un argument pour confirmer le diagnostic et peut parfois traiter le problème.

 

 

Traitements

traitement médical de 1ère intention

Il s’agit d’ un traitement non-chirurgical qui doit être tenté en premier lieu. Il fait appel à diverses mesures plus ou moins associées :

  • Antalgiques, anti-inflammatoires par voie orale.
  • CryothérapieTraitement par le froid.
  • StrappingLe but est de limiter la flexion plantaire.
  • Immobilisation, voire déchargeSuppression de l’appui du pied sur le sol par des béquilles. dans les formes les plus douloureuses.
  • Massage et rééducation en kinésithérapie.
  • InfiltrationGeste à la fois diagnostique et thérapeutique, cf paragraphe précédent. de corticoïdes sous guidage radiographique ou échographique.

En cas d’échec de ces mesures ou de résultat trop partiel, le traitement chirurgical s’envisage.

traitement chirurgical de 2e intention

L’opération consiste à régulariser les zones de l’articulation de la cheville en cause dans les douleurs. Elle est réalisée soit sous anesthésie loco-régionaleAnesthésie limitée au membre opéré., générale ou sous rachis-anesthésieAnesthésie du bas du corps.. Ceci se décide avec le médecin anesthésiste lors de la consultation pré-opératoire.

L’intervention se fait généralement sous arthroscopie : 2 courtes incisions sont faites de part et d’autre du tendon d’Achille. Une caméra est introduite dans la cheville par la 1ère incision. La 2e incision sert à passer les instruments pour mener à bien les différents gestes curatifs. Une fois le conflit postérieur traité, les incisions sont fermées et un pansement est appliqué ce qui termine l’intervention.

 

 

Questions fréquentes

Que puis-je attendre de l’opération? L’objectif est de diminuer voir de supprimer les douleurs en supprimant le conflit.

L’opération peut-elle se faire en chirurgie ambulatoire? Oui sous conditions d’avoir des proches pour vous aider.

L’opération est-elle très douloureuse? La plupart des patients présentent des douleurs modérées bien contrôlées par les médicaments anti-douleurs prévus.

Puis-je marcher après l’opération? Oui, sous couvert de cannes pendant 10 à 15 jours.

Une immobilisation est-elle à prévoir? Non, ni plâtre ni attelle.

Quels soins sont à prévoir? Des soins de pansements tous les 2 jours par une infirmière. Des séances de rééducation en kinésithérapie, à distance de l’opération.

Combien de temps pour la reprise des activités? La reprise des activités quotidiennes se fait dans un délai de quelques jours à quelques semaines. La reprise des activités sportives peut être autorisée après un délai de quelques semaines à quelques mois selon les sports (bulle= par exemples vélo et natation à 3 semaines, course à pied à 2 mois).